Des taux de chômage culminants en Europe et
une paupérisation croissante de la population. Dans ce contexte, les
MRE ne sont pas les mieux lotis. Pas d’embauche, licenciements massifs,
diminution du pouvoir d’achat… Comment résistent-ils, comment se
projettent-ils ?
Pas
d’embellie pour la croissance économique mondiale en 2009, comme cela
était prévu. La crise bat son plain et les taux de chômage connaissent
des pics sans précédent. Dans ce marasme économique des plus moroses,
les migrants sont loin d’être bien lotis. Les phénomènes de xénophobie
s’exacerbent, les discriminations aussi. Comment les MRE vivent-ils
cette situation? Comment réagissent les pays d’accueil?
C’est le thème d’un colloque, «Impact des crises sur la migration»,
tenu les 12 et 13 octobre à Rabat, organisé à l’initiative du ministère
en charge du ministère des MRE et de l’Organisation Internationale pour
la Migration (OIM). a été son thème.
La crise financière a touché l’ensemble des économies. Les projections
de l’OCDE pour 2009 ne sont pas enthousiastes concernant la croissance
dans les économies européennes. La croissance devrait chuter de 2 à 3
points en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne. C’est là que
se concentre la majeure partie de la communauté marocaine résidant à
l’étranger. 3,5 millions de Marocains vivent à l’étranger dont près de
60% en Europe. Il est certain que cette communauté est aujourd’hui plus
touchée que d’autres par la crise. «Les migrants sont les premiers
affectés par les crises» : le constat est unanime. Du côté des pays
exportateurs de main-d’œuvre, peu de choses sont faites. Le Maroc a mis
en place une série de mesures destinées à favoriser l’investissement
MRE et à encourager les transferts. Mais de l’avis de tous, ces mesures
restent marginales.
Du côté des pays d’accueil, les secteurs les plus touchés sont ceux où
travaillent le plus les migrants : construction, tourisme. D’où des
taux de chômage encore plus élevés au sein de ces couches de la
population. D’autre part, les politiques migratoires se durcissent. Les
discriminations font aujourd’hui partie des textes de l’Union
Européenne.
Face à tout cela, les gouvernements des pays d’origine appellent à une plus grande mobilisation. Reste à savoir comment.
La création d’un fonds d’aide a été proposée. Mais quels seraient ses
mécanismes et comment serait-il alimenté? Le plan anti-crise proposé
est plus un plan d’urgence qu’une véritable solution aux problèmes
vécus par ces communautés ? Qu’en sera-t-il après la crise ?
Amale DAOUD
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